Lundi matin
8h, nous avons un message sur le répondeur datant de la veille, annonçant que
le camion de sablage serait dans la cour vers 11h du matin lundi. Dans 3 heures! Appel d’urgence à Grand-Papa qui s’en allait
faire du kite. Jean-François saute dans
l’auto et file au bateau pour monter l’abri de fortune qui protégera le bateau,
ou plus précisément tous les bateaux voisins.
Nous avions prévu 24h de préavis, nous devrons vivre avec moins de
3. La toile est montée sur la structure
rapido-presto, brochée puis retenue par terre par tous les blocs de bois du
voisinage. 9h45, le camion se pointe… il
est d’avance, le client précédent ne s’est pas présenté! La toile est montée
mais le bateau n’est pas protégé : On passera la balayeuse. Le gars commence à travailler… wow, c’est
bruyant. La proprio de la marina fait sa visite; « Ca va durer longtemps? »,
on espère que non, c’est stressant.


Éventuellement,
c’est fini et on entre à l’intérieur pour voir l’étendue des dégâts. En dessous du bateau, c’est comme le film « Le
jour après », il y a une fine couche blanche partout. En montant dedans, pire, c’est la plage, il y
a du sable partout.
Du bon côté des
choses, la dérive est toute belle, bien que percée à plusieurs endroits, et le
puits de son côté est intacte. Un peu
plus de travail pour Jean-Pierre lors des longues soirées d’hiver. L’autre bonne nouvelle c’est que c’est fini!
Plus de sablage! Quelle job dégueu…
Robert, le sableur, mérite bien son salaire; Il a passé 2 heures dans cette
tempête de sable infernale dont plus de la moitié couché sur le dos sous
42000lbs d’acier à shooter directement dans un trou au-dessus de sa tête. Yark, yark, yark! Au final, Jean-François et Germain passeront
l’après-midi à nettoyer et donner une couche d’apprêt pour protéger l’acier à
nu. 4 shop-vac pleines de sables à transporter au conteneur à déchet.



Jean-Pierre
étant disponible mardi soir pour venir faire quelques retouches et avancer les
travaux, nous avons passé la journée à préparer sa venue. Meulage et nettoyage des orifices qu’il
soudera, puis organisation de l’espace avec un autre abri temporaire, puisqu’il
pleut à boire debout.

D’ailleurs au sujet
des abris temporaires, nous avons trouvé un truc bien intéressant. Peut-être connu de tous mais pas de nous, le
voici : Sur une structure de bois légère, étendre une toile de peinture
mince. Jusque-là rien de spécial, mais
ces toiles, bien que peu dispendieuses, sont fragiles et ne tiennent pas bien avec
des simples broches à bois. Il est possible de mettre du carton mais c’est
fastidieux. Dans l’urgence du moment
lundi matin, nous avons recouru à du duct tape.
En effet, on tire une longueur de ruban par-dessus la toile sur la
structure et on broche à travers. Le
ruban est beaucoup plus résistant à la déchirure que la toile et celle-ci
résiste bien à la tension si cette dernière est bien répartie. Aux endroits névralgiques on met trois épaisseurs
de ruban avant de brocher, c’est très rapide et super solide. Même avec un bon vent et le jet de sable qui
pousse toute une tempête, rien n’a cédé.
Retournons à nos moutons :
Jean-Pierre passe, on travaille de bon cœur et on pose même l’arche, pointé
seulement doit-on admettre mais quand même, quel plaisir de voir le bateau
commencer à reprendre forme.
C’est d’ailleurs
la première soirée que nous passons à bord, à jaser de voile à la lumière
pas-exactement-douce de la baladeuse dans le cockpit, jusqu’à 10h. Par contre, il reste du pain sur la planche : Jean-Pierre n’a pas beaucoup de
disponibilités et pourra travailler
seulement une journée la semaine prochaine, ce qui veut dire que les fichiers
de coupe des pigeonnier s de cockpit, et donc, leur design, devra être envoyé à
JP mercredi soir.
Germain fait un saut
chez lui et la famille en profite pour aller voir Grand-Maman Céline dans la
journée de mercredi, faire le lavage et le plein d’eau (celle du chalet est ferreuse :
inoffensif mais infecte). Pendant notre
absence, il y a un gros orage, accompagné de vents violents et de grêle. Un bateau qu’on vient de sortir de l’eau le
matin même en fait les frais : il
est tombé sur le côté. Wow, dommage pour
lui mais bien content que ça ne soit pas nous…
Hier,
Germain et Jean-François font des tests d’isolation. Il est commun d’utiliser des panneaux de styromousse
et de la mousse en cannette mais nous sommes curieux d’essayer d’utiliser
seulement les cannettes, en collant un morceau de bois protégé d’un papier ciré
au plafond pour contrôler l’épaisseur de l’isolant.
Cela permettrait d’avoir un résultat très
propre, proche de l’original et d’intégrer les blocs de bois sur lesquels le
plafond est vissé directement, sans colle ni découpe.
Le résultat est intéressant. Conseils sur la
cannette : 1) L’isolant sèche complètement en 6-12 heures. FAUX; le lendemain, le centre est encore
collant. 2) Remplir l’espace à isoler à 50% pour permettre à l’isolant de
prendre de l’expansion. VRAI; le morceau de bois a arqué considérablement sous
la mousse. On devra en mettre beaucoup
moins au deuxième essai…
En
conclusion, nous avons passé un cap cette semaine. Toutes les boites de hatch inox neuves sont
installées et scellées à l’époxy; La
soudure est presque terminée pour la saison, ce qui voudra dire que le bateau
sera étanche et le cockpit présentable, ne restera plus que la jupe l’an
prochain. À ce sujet, Jean-Pierre a eu
une bonne idée : Pourquoi ne pas ouvrir l’arrière du cockpit, comme sur
les bateaux modernes? On pourrait avoir
plus d’espace pour le poste de barre, pas de panneau à enjamber pour descendre
sur la jupe, se débarrasser des deux énormes drains de cockpit devenus
redondants…mmm. Très intéressant.
Autre front
sur lequel nous avons beaucoup progressé : Les cadres de bois. Ceux-ci sont tous remontés et majoritairement
sablés. Ils seront prêts pour le
vernissage d’ici une semaine ou deux, dépendamment si l’on reçoit le bois de restauration à temps.
Ce bateau-là
ne pourrira pas dans une cour! Nous naviguerons ensemble sous peu…